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L'entourage de Macron craint l'abstention après une "campagne sans magie"
information fournie par Reuters 25/03/2022 à 18:59

L'ENTOURAGE DE MACRON CRAINT L'ABSTENTION APRÈS UNE "CAMPAGNE SANS MAGIE"

L'ENTOURAGE DE MACRON CRAINT L'ABSTENTION APRÈS UNE "CAMPAGNE SANS MAGIE"

par Michel Rose

PARIS (Reuters) - L'inquiétude commence à poindre dans l'entourage d'Emmanuel Macron, alors que la campagne atone en vue de l'élection présidentielle du mois prochain en France, écrasée par la guerre en Ukraine, fait planer le risque d'une forte abstention qui pourrait être préjudiciable au président sortant.

A un peu plus de deux semaines du premier tour, le 10 avril, Emmanuel Macron continue de faire la course en tête dans les enquêtes d'intention de vote mais il a vu l'écart se réduire sensiblement cette semaine avec Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement National (RN, extrême droite), aussi bien en vue du premier que du second tour.

L'effet "guerre en Ukraine", qui avait fait bondir le chef de l'Etat dans les sondages, a commencé à s'estomper, alors que Marine Le Pen bénéficie d'une dynamique clairement favorable à la faveur d'une campagne axée sur le pouvoir d'achat, qui lui a permis de distancer nettement son rival Eric Zemmour, empêtré dans sa dialectique anti-immigration, et peut-être de commencer à bénéficier d'un "vote utile" à l'extrême droite.

Pire, aux yeux de l'entourage d'Emmanuel Macron, l'activisme diplomatique de celui qui assume aussi la présidence tournante de l'Union européenne est en train de se transformer en handicap en l'empêchant de se concentrer sur les sujets domestiques qui figurent en tête des préoccupations des Français.

Emmanuel Macron a fait le choix de faire campagne a minima, refusant de débattre avec ses rivaux - comme ses prédécesseurs - et se contentant, en dehors d'une grande conférence de presse et d'un meeting annoncé pour le week-end prochain, d'interventions principalement axées sur les réseaux sociaux.

Sa garde rapprochée ne se montre guère plus audible et un meeting qui a réuni mercredi soir à Nice le maire de la ville, Christian Estrosi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, ou encore l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, et pendant lequel un message pré-enregistré de trois minutes d'Emmanuel Macron a été diffusé, n'a pas attiré les foules, selon les journalistes présents.

FAIRE CAMPAGNE SUR LE TERRAIN

"C'est une campagne sans magie", déplore une source proche du président. "Pour l'instant c'est triste. C'est une campagne présidentielle où personne ne vibre, ni les journalistes politiques, ni les Français, ni même les candidats et les entourages."

"La crise ukrainienne a tout percuté", ajoute cette source. "La semaine prochaine est une semaine importante. Il est important de montrer qu'on fait campagne sur le terrain."

Après avoir présenté son programme il y a une semaine lors d'une longue conférence de presse très technique, Emmanuel Macron a accordé deux entretiens aux médias, dont l'un à la radio France Bleu mardi, pendant lequel une auditrice lui a demandé de consacrer moins de temps à l'Ukraine pour se préoccuper du sort des Français.

Las, le chef de l'Etat s'est envolé deux jours plus tard pour Bruxelles pour participer aux sommets de l'Otan, du G7 et de l'Union européenne.

"On s'ennuie, pour être franc", convient une source proche d'Emmanuel Macron restée à Paris. "Il faut entendre le message de ceux qui veulent que le président soit plus présent."

"Il ne faut pas mépriser la campagne. Ne pas donner cette impression", renchérit une autre source du camp présidentiel.

Les élus de sensibilité de centre-gauche au sein de la majorité présidentielle s'inquiètent aussi du fait que les seules mesures du programme qui semblent avoir marqué les esprits sont ancrées à droite, à l'image du recul de l'âge du départ à la retraite à 65 ans ou de la contrepartie d'activité qui serait exigée pour les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active).

SONDAGES EN BAISSE

"Ça ne fait pas rêver", constate un député du parti La République en marche (LaRem), qui déplore que la campagne ne porte pas le souffle d'"optimisme" de celle de 2017. "Il faut être vigilant sur l'abstention", met-il en garde.

Si l'invasion de l'Ukraine par la Russie a initialement propulsé Emmanuel Macron jusqu'à 31,5% des intentions de vote, dans le sondage Rolling Ifop du 9 mars, les enquêtes les plus récentes montrent qu'il redescend progressivement vers son niveau d'avant-guerre, avec 27 à 29% ce vendredi, selon les différents instituts.

"C'est le prix de la clarté", veut croire un autre élu du parti présidentiel. "Comme d'habitude Emmanuel tranche, il dit les choses clairement, il n'est pas flatteur."

Le problème, pour le chef de l'Etat, est qu'en dépit des ses positions pro-Poutine avant la guerre en Ukraine, Marine Le Pen a décollé dans les sondages ces derniers jours, gagnant environ cinq points pour repasser au-dessus des 20% d'intentions de vote au premier tour.

Plus inquiétant encore pour Emmanuel Macron, son score en cas de second tour face à la candidate d'extrême droite, contre laquelle il avait obtenu 66% des voix en 2017, se réduit aussi. Il est même tombé à 53,5% dans le sondage Rolling Ifop publié ce vendredi.

Officiellement, l'entourage du président de la République nie toute difficulté et renvoie sur les autres candidats la responsabilité d'une campagne sans idées ni éclat.

"Je préfère voir le président au travail pour protéger les Françaises et les Français et renforcer l'Europe que sur une scène pour un meeting", a déclaré Pieyre-Alexandre Anglade, porte-parole de LaRem à l'Assemblée nationale, à Reuters.

(Reportage de Michel Rose, rédigé par Tangi Salaün, édité par Bertrand Boucey)

3 commentaires

  • 25 mars 23:01

    En tout cas depuis un an, il en aura distribué de l'argent à nos fonctionnaires et certains secteurs économiques pour se faire élire. Ne vous inquiétez pas l'addition vous sera présenté après les élections, c'est le quoi qu'il en coûte !!!


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